A la recherche du jeu vidéo perdu…
En cette période de Noël, tout le monde part à la recherche du cadeau ultime, le présent rarissime qui fera le bonheur des êtres aimés sur dix générations. Pour ma part, je voulais juste un jeu vidéo à mettre dans ma Wii pour éviter qu’elle meurt d’ennui. Mais le cheminement jusqu’à l’obtention de ce qui deviendra l’équivalent consumériste du Saint Graal, se révélera digne de la conquête de la pierre philosophale dans le premier tome de Harry Potter.
Bon, j’admets en avoir fait un peu des caisses dans la présentation, mais j’ai quand même été stupéfait d’avoir à faire plusieurs magasins pour trouver un simple jeu vidéo. Je l’ai déjà affirmé à plusieurs reprises sur Gamocratie.fr, les jeux vidéo sont aujourd’hui un produit de masse, un bien de consommation courante. Il y en a désormais dans tous les supermarchés, impossible de passer à côté… et pourtant.
Le jeu que je cherchais n’était pas une pièce de musée, pas un jeu NES ou NEO-GEO introuvable. Non, il s’agissait d’un jeu Wii sorti en novembre dernier, Muramasa : The Demon Blade (voir notre précédent article pour plus de précisions). Muramasa a été unanimement présenté à sa sortie comme le meilleur jeu proposé sur la console de Nintendo depuis très longtemps : des graphismes d’une qualité rare, une jouabilité efficace et une durée de vie plus qu’acceptable, au service d’un beat them all en deux dimensions un peu à l’ancienne. En bref, un des jeux phares de la Wii pour ces fêtes de Noël.
Première étape de ma quête : Carrefour. Pour les fêtes de fin d’année, le rayon jeux vidéo avait été déplacé à l’entrée du magasin : The Place to be dans la géopolitique de la grande surface. Face à moi, une bonne grosse vingtaine de mètres de linéaire vidéoludique qui monte jusqu’aux néons. Je cherche du regard Muramasa dans les jeux Wii. Je tombe sur des titres complètement improbables qu’on dirait sortis de la quatrième dimension… mais aucun signe de l’objet de mes désirs. Bon… Je me dis que Muramasa est un jeu dont la confidentialité du plan média excuse l’absence en grandes surfaces.
Deuxième étape : Micromania. Je nourris une certaine animosité contre cette chaîne de magasins spécialisés qui se présente éhontément comme LA référence en matière de jeux vidéo (je m’en expliquerai dans un prochain article). Mais là, malheureusement c’est la seule boutique de la galerie commerciale où je peux espérer trouver mon jeu. J’ai beau tourner dix fois dans le rayon, aucune trace de Muramasa : The Demon Blade… Du New Super Mario Bros Wii, du Wii Fit Plus, du Wii Sports Resort, du Léa Passion, du Lapins Crétins à gogo mais pas de Muramasa. Finalement, je ressors satisfait car cette absence confirme que Micromania n’est qu’une grossière arnaque et je continue mon chemin.
Dernière étape : Dock Games. L’ultime boutique de mon odyssée, celle qui m’a empéché de revenir bredouille de ma quête vidéoludique… mais pas sans difficulté. Après avoir eu le bonheur de voir le titre en rayon, je m’adresse au comptoir et demande Muramasa. Je sens tout de suite naître dans l’oeil du vendeur un sentiment d’incrédulité qui se meut rapidement en panique face à mon assurance. Un coup de clavier pour vérifier dans la base de données du stock et là, surprise pour le vendeur… le jeu existe vraiment. J’en ai même un en magasin me dit-il, surpris de sa propre découverte. Mais là, les problèmes commencent : où c’est qu’il est ce jeu dont j’ignorais encore l’existence il y a cinq secondes… Je vous passe les dix minutes à retourner tous les tiroirs du magasin pour arriver à la conclusion suivante : Il nous reste plus qu’un exemplaire en fait, celui qui est en rayon. Et ben, c’est pas dommage, me dis-je intérieurement, commençant à avoir de sérieux doutes sur ma capacité à sortir de Dock Games le jeu en mains. Ultime péripétie, le vendeur qui était venu soutenir le gars du comptoir revient du rayon avec la boite du jeu, y introduit le CD et la notice… jusqu’à ce qu’il se rende compte que la boite qu’il a entre les mains c’est celle de… Tales of Symphonia.
Morale de cette trop longue histoire : Micromania est une imposture.
Morale de cette morale : Muramasa : The Demon Blade est un excellent jeu qui présente deux défauts malheureux. Tout d’abord, sortir sur une console qui semble s’orienter de manière de plus en plus définitive et exclusive vers le casual gaming de qualité variable, jusqu’à vampiriser les jeux vidéo plus traditionnels ou hardcore. Et ensuite, la sortie de Muramasa sur notre territoire n’a pas été accompagnée d’un tsunami publicitaire suffisamment agressif, lui permettant d’exister à côté des immenses blockbusters de cette fin d’année.
Et ça, en cette fin d’année, ça me rend un peu triste et un peu pessimiste quant à l’avenir du jeu vidéo.
Mais ça doit être la période qui veut ça. L’approche du 31 décembre, ça m’a toujours rendu un peu neurasthénique…
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Bon au moins il l’a mis dans la boîte d’un autre excellent jeu 8D…
Je l’ai trouvé chez mon vendeur habituelle, sans problème
Moi aussi je l’ai trouvé à Dock Games. =D
et c’est bien ?
Je suis pas encore rentré à la Batcave. J’ai pas mes consoles sur moi.
Mais selon Wooly et -LL-, il a l’air vraiment pas mal ! Dommage donc que 99% des possesseurs de Wii n’en entendent jamais parler…
Sachant que de toute façon une majeure partie du public ayant la Wii n’achète pas de jeux vidéo non licenciés…
Et à propos de l’incapacité de ces vendeurs de jeux vidéos, mon frangin l’a encore démontré en posant une question de compatibilité de la manette classique sur les jeux Gamecube… Alors si un gamocrate peut me peut dire si la manette classique peut permettre de jouer à de jeux Game Cube, je suis preneur…
Seb : « Non licenciés » ? Tu veux dire pas fait par Nintendo non ?
et je ne pense pas que tu puisse jouer à des jeux de gamecube, vu que quand tu met un jeu de GC la wii « se transforme » en gamecube…
Je te conseille d’acheter une manette, ça coûte trois fois rien maintenant …
Par non licenciés, je veux dire sans rapport avec une série TV ou un jeu TV ou autre fim. Quand je dit non fait par Nitendo, je dis fait par un éditeur tiers…
Le soucis des manettes Game cube, c’est de les trouver… Je sais qu’elles sont solides, mais la galère pour les trouver en neuf… Les prix ont un peu flambés, donc faut que je compare sur des sites comme Price Minister ou ebay ou amazon…
quelle aventure !!! cependant cela ressemble plus à un chemin de croix qu’autre chose. Sinon, je suis d’accord avec vous pour dire que les petits studios talentueux sont souvent mis de côté voir carrément asphixiés par les méthodes marketing des super productions qui pour la plupart n’ont de super que le nom.
J’ai l’impression que le jeu vidéo se rapproche de plus en plus du modèle économique de l’industrie du Cinéma.