The Beatles Rock Band : hommage ou carnage ?
Après deux ou trois caprices et un chantage à la dépression, Papa Noël a fini par déposer au pied du sapin (ça tenait pas dans mes petits souliers) le pack The Beatles Rock Band tant espéré. Après un vague merci à père et mère, je déchiquette comme un ours affamé le papier cadeau, tape la bise en guise de bonsoir à toute la famille et branche mon nouveau joujou sur ma PS3. Et soudain, stupeur et tremblement… Et si c’était tout pourri ? Et s’ils avaient osé… Me pourrir cette conjonction miraculeuse, ce pont entre deux mondes merveilleux, les jeux vidéo et les Beatles. La main moite et l’aisselle en nage, j’allume la console. Premier riff de guitare. Première claque dans ma gueule. Chez Harmonix, ils ont tout compris.
Un hommage à la Beatlemania
Les Fab Four. On aime, on adore, on vénère ou on tolère. On peut même les détester (le mauvais goût est un droit constitutionnel). Mais vous ne trouverez pas un clampin dans nos contrées industrialisées n’ayant jamais massacré un Yellow Submarine sous la douche, un Hello Goodbye en se grattant les fesses au réveil ou un All You Need Is Love lorsque vous effleurez pour la première fois la main de la femme de votre vie. Il y a quelque chose de parfaitement universel et de rassembleur dans les quelques 57 654 notes gratouillées, pianotées et fredonnées par les quatre enfants gâtés de Liverpool….. Rock Band remplit à merveille cette mission fédératrice, ne laissant potentiellement personne au bord de la route. Le titre d’Harmonix rend hommage à l’époustouflante diversité de la discographie beatlesienne. De la ballade pour emballer, du rock… euh… pour emballer, du hard (dans les limites du raisonnable, hein…), du blues, du pop, du folk, du psyché et de l’entre-deux : les 43 chansons de ce RB ratissent large et comme il faut. Et la possibilité de télécharger les albums Abbey Road, Rubber Soul et Sergent Peppers, contre un bifton pour la popoche de Ringo, Paul et quelques veuves éplorées, devrait calmer les plus pinailleurs. Pour tous les goûts donc, et pour tous les niveaux aussi. Entre les quatre accords de Getting Better et les six notes/secondes de The End, il y a du challenge autant pour les bras cassés que pour les virtuoses virtuels. Du rock vidéoludique pour tous et par tous. Les Beatles à la sauce gamocratique…
Hommage aux vapeurs enfumées de la décennie hippie
Tout comme les Beatles ne peuvent se résumer à quelques arrangements bien sentis, Harmonix ne s’est pas contenté de nous pondre de la partoche virtuelle aseptisée. Le respect et la retranscription quasi religieux et surtout inspirés de l’univers des Fab Four a fait l’objet d’un travail d’artisan, validé d’ailleurs par l’oeil expert et fanatique de Philippe Manoeuvre, le Dr Rock’n'Folk et Mr Nouvelle Star. Habillage pop et psychédélique à la Yellow Submarine, ambiances studio distillées subtilement et, pour les gamers multimilliardaires, une reconstitution d’orfèvre des instruments de John, Paul, Georges et Ringo : The Beatles Rock Band nous assure un trip légal et immersif au coeur des années 60. Purement magique pour un mi-vieux comme moi qui a toujours maudit ses parents de ne pas l’avoir conçu à cette époque (comment ça, ils n’avaient que sept ans ???).
Un hommage à leur talent
La meilleure manière de
redécouvrir les Beatles. Plutôt que de nous pondre une resucée du Best of rouge ou bleu et de nous passer en boucle du Hey Jude ou du Let It Be, Harmonix “prend des risques” en nous ressortant quelques morceaux à l’audience plus confinée comme Taxman, Birthday ou le bouillantissime Helter Skelter : une poignée de pépites plus méconnues au milieu de standards éprouvés et approuvés, pour encore une fois un hommage à l’ébouriffante variété des styles abordés. Ce Rock Band nous permet surtout de nous focaliser sur une ligne spécifique de partition, donc de réécouter les Beatles, piste par piste (guitare, chant, basse, batterie) et de savourer, note par note, l’intarissable et rafraîchissante créativité de chaque instant du monstre à quatre têtes. Sans oublier leur dextérité instrumentale. Même les séquences de Ringo, en mode expert, c’est du putain de challenge.
Bon, vous l’aurez compris, The Beatles Rock Band, j’ai plutôt bien aimé… A vrai dire, j’ai rarement pris un tel pied vidéoludique. Alors, pour ne pas passer pour un beatlemaniaque psychotique, on termine sur quelques bémols. Votre voisin du bas a, par exemple, intérêt à apprécier les Fab Four. Surtout la grosse caisse de Ringo en fait, parce que c’est tout ce qu’il entendra à longueur de journée… Et puis chipotage de fanatique. On commence le mode Histoire lors de leur premier concert à la Cavern. Sauf qu’avant les paillettes et la mèche dans le vent, les petit voyous de Liverpool se sont fait la main dans les bars miteux d’Hambourg à coups d’amphèt’, d’alcool, de sexe et de baston. Alors, où sont passés les cachetons, les groupies en petites culottes et les comas éthyliques ?
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Et on sait qui c’est le Morse finalement ?
The Walrus was Paul…
En 1960, à 7 ans je laissais frère Jacques à mes parents et j’écoutais Paul et les autres.
Y a quelque chose en toi de Liverpool!
Hello Goodbye
C’est moche cet article. Je résiste depuis des mois, tentant de me convaincre que non, RockBand Beatles n’est pas un ajout indispensable à ma ludothèque, et voilà que tout est remis en cause aujourd’hui…
Je ne vous félicite pas môssieur!
Bouffe des pâtes pendant quatre mois, vends un rein (pas forcément le tien d’ailleurs…), bosse de nuit, enfin j sais pas débrouille toi, cher Steph : Rock Band The Beatles DOIT faire partie de ta ludothèque.
Ne m’en veux pas, je ne suis que le messager innocent et bénévole de ce petit chef d’oeuvre de pixel