Le gamer gay attend toujours son héros…
Toujours soucieux de fraguer les préjugés, nous avions relayé il y a quelques mois les turpitudes rencontrées virtuellement par le joueur gay dans l’univers sans foi ni loi du online. Impuissante à changer la face obscure du monde et condamnée à ne pouvoir que condamner, la Gamocratie s’intéresse aujourd’hui à la représentation de l’homosexualité dans les jeux vidéo. Et dresse, en colère, un constat tristement prévisible : c’est pas très gay tout ça…
La cage aux folles
C’est bien connu, tous les homos portent des strings roses, ondulent du popotin sur Wham ou Ricky Martin et miaulent comme des castras. Pas farouche, comme tout autre média, lorsqu’il s’agit de se vautrer dans la caricature bien grasse, le jeu vidéo pixellise sans scrupules, à ses heures (très) perdues, les clichés les plus éculés (n’allez pas caser un « n » là-dedans…). Dans le pourtant très vénérable Zelda Majora’s Mask sur Nintendo 64 par exemple, une bande d’aide-fermiers, tout droit sorti de chez Michou, sautille dans les plaines de Termina comme Laura Ingalls dans la prairie fleurie, en glapissant des petits gazous gazous… Il doit pas y avoir beaucoup d’homos pour s’exclamer : « ah mais voui, voui, c’est tout à fait moi ! »…
Encore plus navrant : Ash, un des boss de Street of Rage 3 sur Megadrive, se bastonne en moule boule cuir avec petite veste rose en skaï… Et au cas où on n’aurait pas compris, son entrée se fait au son des Village People. Subtil, les gars, subtil…
Pour vivre gay, vivons caché
Quand les concepteurs ne sortent pas l’artillerie lourde, ils distillent a contrario de l’homosexualité douce à demi-mot, pas vraiment assumée, à la frontière de l’ambigüité, sans coming out. Une manière de l’évoquer sans jamais l’avouer ouvertement. Le plus souvent, tout se joue dans un petit coup de rimmel trop appuyé, un geste un peu équivoque, une prose un peu trop délicate ou un bout de foulard Hermès mal caché sous une armure. Une bonne partie de la bande d’Enchanted Arms sur PS3 et X360 continue ainsi d’alimenter les débats les plus fantasmagoriques au sein de la communauté des gamers. Reste à tolérer – ou pas – que l’orientation sexuelle s’exprime ou se déduise à travers des signes extérieurs discutables.
Parfois suggérée voire illusoire, l’homosexualité se terre même, dans certaines productions, dans la clandestinité pure et dure. Les fricotages entre Volgan et le Major Raidenovitch dans Metal Gear Solid 3 sur PS2 ne se révèlent qu’au travers d’un jeu de pistes détourné et à coups d’indices presque subliminaux (un bout de string qui dépasse de l’uniforme…). Dans la même veine confidentielle, le jeu Final Fight nous vend les combattantes Roxy et Poison, comme deux bombasses coquines et aguicheuses alors qu’elles seraient, de l’aveu même, après coup, de Capcom, des travesties en coulisse. Parfaitement insoupçonnable. Etre gay, ok, mais faut pas trop que ça se sache, hein…
De la lesbienne vidéoludique, pour nous, les hommes…
Mais s’il est une illustration homo que l’on n’hésite pas à sortir du placard, à coups de plans fixes sur paire de fesses et de zoom focal sur nichons, c’est bien le frotti frotta lesbien. Là où le tabou du sexe entre hommes se terre pudiquement derrière une ligne rouge presque infranchissable, le jeu vidéo ne rechigne pas, à l’occasion, à nous abreuver de galipettes affriolantes entre gonzesses bien galbées… juste pour notre plaisir à nous, les hétéros testostéronés. Juste pour assouvir ce fantasme universellement partagé par tous les mâles de la planète. Dans Fear Effect 2 sur Playstation 1, les deux héroïnes Tsu Vachel et Rain Qin, simulent, pour les bienfaits de la mission, une ébauche de préliminaires pour faire tourner la tête des gardes… et du gamer.
Encore plus fort, Sony, dans God of War 3 sur PS3, lors de la scène de copulation entre Kratos et Aphrodite, se désintéresse du couple hétéro pour centrer son attention sur deux donzelles un peu voyeuses se caressant doucement avant d’approfondir le tout dans un fondu enchaîné terriblement frustrant. Le comble du fantasme masculin : deux femmes, émoustillées par notre performance, se réconfortant chaleureusement, rien que pour nous. L’homosexualité vidéoludique, un trip d’hétéro…
Le gaymer sort enfin du placard virtuel
Mais là où la plupart des productions insistent lourdement ou clandestinement sur les gays en se focalisant sur leurs attitudes prétendues ou sur les projections hétéros, d’autres poussent un peu plus loin et avec plus de subtilité la représentation homosexuelle en l’envisageant sans tabou et sans préjugés. J’ai beau ne pas être fan des Sims (j’ai toujours eu l’impression d’y passer mon temps à faire pipi, popo, dodo et puis basta…), et même si le jeu d’EA s’apparente plus à un jeu de poupée qu’à une vraie pixellisation de la vie, le simulateur virtuel a le mérite d’assumer les orientations sexuelles de chacun. Votre Ken peut fricoter, forniquer et se marier avec Kevin sans avoir à rendre des comptes à Barbie ou à toute autre figure inquisitrice. En baladant ces petites souris humanoïdes, on fait ses propres expériences, comme un Dieu curieux de tout, comme un môme qui transgresse des interdits et bouscule les préjugés . Un espace salutaire de liberté donc.
Chez Bioware, on va même encore plus loin. Dans Mass Effect sur X360 et PC, leur saga spatiale, l’héroïne Shepard peut s’offrir, entre deux raids intergalactiques, une partie de jambe en l’air avec, entre autres, une belle asari. Non seulement cette consécration permet-elle de normaliser les rapports homosexuels puisqu’elle est le fruit d’une vraie relation travaillée mais elle la sexualise surtout ouvertement en nous livrant, en quelques plans sensuels, un bout d’extrait de cette intimité. Un traitement approfondi traditionnellement réservé aux tripotages et amourettes entre hétéros. Dragon Origins sur PS3, PC et X360, des mêmes développeurs, explose quant à lui les standards en nous proposant, pour la première fois sur console, à ma connaissance, du gros câlin bien tendre entre deux mâles en mal d’amour. L’homosexuel serait donc un hétéro comme les autres… Reste plus qu’à lui consacrer un vrai Brokeback Moutain vidéoludique.
Et comme la polémique, aussi « poil à gratter » soit-elle, n’empêche pas une petite touche de ludique, je relance le jeu du jeudi. A vous, mes gamocrates, hétéros, homo, bi et partouzards d’élire le héros le plus officieusement gay de l’histoire du jeu vidéo. Allez, faites pas vos chochottes…


Des sujets comme ça, vous êtes pas près de les trouver sur jeuxvidéo.com…
Il est quand même vachement bien ce site !
Putain, t’as raison. Je sais pas qui est derrière tout ça mais ce sont sûrement des types formidables…
Mouaih en tout cas, ça soulève pas les foules, cette affaire …
Je crois qu’on a un public d’homophobes… ^
Eh bien, c’est franchement cool que vous parliez de ça. Je plussoie laroisse quand à son commentaire par rapport à jv.com.
Il faut bien avouer que les nymphettes coquines venues nous exciter et les homosexuels déguisés en camionneurs sado-masochistes (que je respecte hein) sont plus courants que les homosexuels (hommes et femmes) échangeant de vraies passions dans notre petit monde vidéo ludique.
Belle initiative
On dirait que j’ai pas été assez loin dans le jeu pour découvrir l’orientation sexuelle de Alistair. Sympa la mise en scène !
J’attends encore le jeu qui traitera le thème de l’homosexualité en profondeur, Mr Kage, vous qui voulait sortir des sentiers battus du jeu vidéo, et éviter le classique « pan-pan-boum-boum » comme vous le dites si bien, ce défi est fait pour vous !
Merci à la gamocratie pour cet article !
En parlant de Kage : lorsque j’ai fait mes petites investigations sur le sujet, j’ai repéré un petit calin lesbien dans Heavy Rain. Difficile de juger de l’intérêt de la scène sans le contexte qui va avec. Si quelqu’un a fini le jeu (l’ami Dacoste, il me semble), je veux bien son avis sur la question. J’ai juste trouvé l’animation des persos pas très bien foutus,un brin androïde… Bizarre.
Ah et merci à vous deux pour les encouragements !
Avez-vous remarqué les publicités Google adsense qui s’affichent sur cet article ? Je vous invite à aller jeter un oeil à la croisière « sail with your friends »…
Dans la deuxième extension de GTA IV « The ballad of gay Tony ». Tony, qui est notre partenaire d’affaire, sort quand même un peu des stéréotypes habituels … le sujet y est traité de façon correct. À tout le moins il nous accompagne parfois dans les missions et on peut le voir avec son copain de temps à autres ! Bien sûr le personnage que l’on incarne est hétéro …quand même un pas dans la bonne direction que des dévelopeurs comme Rockstar aient traiter du sujet!
Putain ils sont forts… Moi j’ai « rencontre les mecs de ta région » !
Big gay brother is watching us !
Sinon, oubliez pas, mes petits gamocrates, le jeu du jeudi. Et élisez le héros le plus homo de l’univers vidéoludique. Moi je suspecte quand même le petit Link. A force de lui sauver ses petites miches, il aurait quand même pu tenter un truc avec la princesse…
Et que dire de Mario dans ce cas ! Je ne compte plus le nombre de fois où il lui a sauvé les miches (comptons une bonne quinzaine de fois, une infinité si on compte le nombre de fois que chaque personne à fini chacun des Mario en sa possession
) et pourtant, on dirait pas qu’il ait pu avoir une… disons quelconque compensations, ne serait-ce bien sûr que sentimentale !
Alors de deux choses l’une, soit Mario est très doué pour sauver des princesses, esquiver des boulets, sauter sur des goombas et battre Bowser mais il sait pas comment gérer avec une fille, malgré lui avoir sauvé la vie x fois, soit il nous cache des petits secrets inavoués
Perso, je vote pour Mario !
@Pure Smack : merci pour ce complément d’investigation ! Il va quand même falloir que je me décide un jour à finir à Gta IV et ses extensions…
@Djidane : à 99,99% d’accord avec toi sur le moustachu. Y a juste cette vidéo (http://www.youtube.com/watch?v=JpBGRA6HHtY) qui justifie mes 0,01% de doute…
Djidane37 => ERREUR! Telle est la loi de la règle 34
On peut voir Mario se faire faire une petite gâterie (pas une sucrerie si vous voyez c’que j’veux dire
)par Pitch. Ensuite, eh bien… Ca va plus loin
Sans compter encore d’autres versions ^^
Hwoarang n’avait-il pas fait parler de lui à ce sujet, lors de la sortie de Tekken 3 ?
Hmmmm, ça ne me convainc pas, tout ça ! Je reste persuadé que Mario aime voir si le gazon de son voisin est plus verte au lieu de regarder chez sa voisine ! Et puis, si ça se trouve, Mario acceptait par bonté d’âme, cette gâterie !
Assez d’accord avec Djidane. Les petits dérapages hétéros de Mario avec Peach ne sont là que pour nous détourner des vraies préférences du moustachu… Du chiqué, juste pour la presse people vidéoludique !
@Lascaris: après investigation, il semblerait en effet que Hwoarang aurait fricoté – ce n’est qu’une rumeur – avec un certain Kazama entre deux spin kick !
C’est moi ou Dacoste, notre chauffeur de commentaires professionnels, n’a pas posté depuis presque dix jours ??? Je commence à m’inquiéter…
« le petit Dacoste est attendu par papa Mfff au rayon jeux video ! »
http://www.gamocratie.fr/sexe-mensonge-et-jeux-video
AHZH !
Damneuuud ! Il a une pièce à conviction ! Une source on ne peut plus fiable, qui plus est…
Bon, après recoupage de toutes ses informations, j’en conclus que Mario, déjà à la fois casual et hardcore gamer, est tout simplement bisexuel. D’où son succès planétaire, sans discrimination. Ils s’adressent à tous et à toutes.
Voilà ^^