Les tests (très) en retard de 2011
Avant de passer à 2012, de canoniser Mass Effect troisième du nom et de se foutre de la gueule de la Wii U, Mfff a décidé de régler ses comptes une bonne fois pour toutes avec l’année 2011. Et d’adouber ou de bannir, sur l’autel sacré de la Gamocratie, les oubliés inoubliables de ses douze derniers mois de geekerie. Bref, ça va charcler.
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L.A Noire :
Le pitch : Los Angeles. 1947. Hier comme aujourd’hui, il y a quelque chose de pourri au royaume des stars. Du sang caillé sous les paillettes, des dents de requin derrière les sourires de vedette. A l’ombre des projecteurs, ça tue, ça trompe, ça soudoie, ça braque, ça se cracke. Et le Dalhia noir n’en finit pas d’être mutilée. Bref, du boulot pour Cole Phelps, son calepin et ses fantômes.
Bien : L.A Noire est avant tout sexy comme une Grace Kelly. Une plastique irréprochable et un je-ne-sais-quoi d’ambiance glamour et enfumée comme on n’en fait plus. Le Los Angeles de Rockstar suinte le jazz, le Chanel n°5 et la moiteur érotique. Une usine à fantasme qui, comme dans un bon vieux James Ellroy, se fissure pourtant à chaque coin de rue lorsque s’effrite le décor : on boit pour oublier, on y baise pour exister, on y tue pour être aimer, on y tue juste pour tuer.
Derrière chaque personnage rencontré, se dessine sans trop en dire une histoire, un trauma, un pacte avec le Diable que l’on devra déterrer en fouillant les poubelles, en draguant les bimbos, en pelotant des macchabées mais surtout en jouant les mentalistes.
Car chaque interrogatoire, idée forte du titre, mettra au défi votre capacité à traquer l’implicite, à chasser la contradiction, à dénicher sur la paupière gauche du pompiste ou par l’oeil fuyant de la femme fatale une réponse à toutes vos questions. Une investigation de l’âme rendue possible par le travail ébouriffant effectué par Rockstar sur l’animation des visages et le jeu d’acteur quatre étoiles de ces bouts de polygones. Jamais le jeu vidéo et son fatra de pixels n’avaient reçu un tel souffle de vie.
Pas bien : Le hic, c’est que cet enrobage presque miraculeux nous donne un putain de bon polar mais pas un grand jeu vidéo. Car si L.A Noire a le sex-appeal d’une Marylin, il a le pois chiche d’une bimbo. On s’extasie dix minutes sur sa silhouette, on s’offre trois sessions de pad en l’air avant de se demander, à peine essoufflé, ce qu’on va bien pouvoir en faire. Passée la première décharge hormonale, la bombasse de Rockstar n’a plus grand chose à dire et nous ennuie dans sa routine. On répète toujours la même
sérénade, les mêmes préliminaires pour un plaisir de jeu qui s’affadit avec le temps.
Pire, on a rapidement l’impression de ne rien contrôler tant l’éditeur a oublié de semer tout ce qui fait qu’on s’énamoure d’un jeu : l’interactivité. Parti pour briller parmi les étoiles d’Hollywood, on se sent très vite acteur de troisième plan, à qui l’on donne des « Mon chou, fais-ci, mon chou fais-ça. En n’oubliant pas de fermer ta gueule ». Assommant. Et ne comptez pas soigner votre coup de blues en arpentant les 21km² modélisés de la Cité des Anges : l’open world est peuplé de gens qui n’ont rien à dire, rien à faire et rien à nous faire faire. Le degré 0 du plaisir de jeu et de la rejouabilité. Vous terminerez péniblement L.A Noire mais n’y reviendrez jamais. Bref, un bon petit film. Mais à 70 euros la séance, ça fait un peu ch(i)er.
Uncharted 3 : Drake’s Deception
Le pitch : Accroc aux emmerdes, aux babioles et aux gun-fight à un contre trente, Nathan essaye toujours de prouver à la Terre entière qu’il est aussi burné que son aïeul. Quitte à crever la soif dans un désert, cramer dans un château et bouffer du bazooka.
Bien : Si le plaisir des uns ne mettait pas toujours mal à l’aise les autres, j’aurais juste pu me contenter d’un « Aaaaaaaaah » de plaisir en guise de test. Et il n y aurait vraiment pas eu grand chose à dire de plus. Uncharted 3 n’invente rien mais le fait mieux que tout le monde. Beau à en baver, jouissif à en embarrasser la voisine, intense à en suer du pad, le playboy de sa génération, tel un George Clooney vidéoludique, se paye le luxe de ne pas se prendre au sérieux. Trop démesurée pour se la péter, trop ostensiblement improbable pour être moquée, la dernière croisade de Naughty Dogs enchaîne, sans oublier de nous faire marrer, les séquences ép(ilépt)iques. Paumé dans la fournaise d’un château en feu ou accroché du petit doigt au train d’atterrissage d’un cargo en vrille, vous en
prendrez plein la gueule, du début à la presque fin. Dans tous les sens du terme. Etourdissant. Pensez juste à fermer la bouche de temps en temps pour éviter un assèchement des papilles.
Pas bien : Même George Clooney, au petit matin après une cuite, a ses petits défauts. Uncharted 3, lui, n’en a qu’un seul : nous resservir, pauvre de nous, une recette déjà parfaite. Les galipettes de Drake, les toits qui s’effondrent, les sols qui se dérobent et les cités perdues puis retrouvées, c’est vrai, on en a déjà bouffés pendant deux épisodes. On se surprend parfois à sourire plutôt qu’à frémir tant l’improbable s’est fait coutume. Reste que, comme un bon vieux cheesecake, quand c’est trop bon, c’est trop bon. Surtout quand on a rajouté pour l’occasion une bonne grosse couche de crème.
Tout juste au final peut-on reprocher alors à notre bourreau des coeurs de gamers un dénouement mou du genou, presque calqué sur celui d’Uncharted 2. Un léger manque de souffle et d’idée qui brise dix heures d’extase non-stop. Et qui nous laisse un léger arrière goût d’orgasme pas fini. Salaud de mec.
Le reste des restes :
Pour finir, la version express des review express, la poubelle de luxe des tests oubliés. Braid, sommet de cérébralité vidéoludique, donnera une leçon d’humilité à vos deux ou trois neurones qui se la pètent. Picross 3D meublera sans se forcer vos quarante heures de métro annuelles. Inzuma Eleven vous fera croire qu’il est génial alors que pas tant que ça. Top Spin 4 vous fera vous demander ce que vous avez bien pu trouver de cultissime à Top Spin 3. Zelda Twilight Princess vous fera vous demander si vous n’avez pas un peu trop grandi. Darksiders vous convaincra que Kratos a sa place dans les plaines d’Hyrule et qu’un Zelda pour les grands, ça existe. Et la Gamocratie vous prouvera, dans un test gastronomique futur, que Skyrim… Aaaaaah… Skyrim mérite bien mieux que de croupir dans les restes des restes.
Sur ce, bonne année, mes petits choux !
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Et on attend toujours les commentaires (très) en retard de 2011… Hum…
Ah mais en fait Uncharted 3 c’est juste la seconde partie du 2 qu’ils avaient la flemme de mettre ? 10h + 10h = 20h, la durée minimale d’un jeu non ? Oups pardon, je crois que je me suis trompé d’époque…
(J’ai failli boycotter la Gamocratie à cause de ton avis sur TP, mais comme t’as apprécié Darksiders je viens juste gueuler un peu :troll:)
Sinon au niveau des sorties 2011 ça restera pour moi Xenoblade Chronichles et Skyward Sword…
Bonne année en passant !
Il est super ton article Mfff…
Bonne année à tous !!!
Et y’en aurait pas un (enfin pas deux, merci mon ptit Boll ! ) pour au moins nous souhaiter la bonne année… Le Gamocrate 2012 est un gros malpoli !!!
Oh ça va, hein ! Gamocrate intermittent, peut-être, mais malpoli, jamais !
D’une, j’étais en vacances.
De deux, j’ai dû retirer un paragraphe entier de ma prochaine contribution parce que môssieur Mfff a dézingué LA Noire avec une semaine d’avance sur Geek Grognon. J’ai bon caractère, mais j’ai mes nerfs quand même…
Ceci dit, cher Mfff, je te rejoins complètement sur LA Noire : c’est à l’open-world ce que Heavy Rain était au jeu d’aventure : un putain de trompe-l’œil au budget hollywoodien. Le premier faux-pas de Rockstar, Bellic et Marston méritaient une meilleure descendance… Enfin, RIP Team Bondi quand même.
Quant à Uncharted, je galère encore un peu pour le faire tourner sur ma Xbox, mais je ne désespère pas.
Bonne année à tous et longue vie à la gamocratie !
Ça me fait penser que je devrais finir Uncharted 3.
Non parceque le jeu est beau, mais c’est lassant d’avoir Schtroumpf Lapoisse en guise de personnage, passé un moment.