Zelda 2 : The Adventure of Link. Plus hardcore, tu meurs !
Grâce à la magie de la console virtuelle, j’ai pu rejouer au jeu qui a marqué mon enfance : Zelda 2 : The Adventure of Link sur NES. Cet épisode est à la fois le moins connu (à tort) et le plus difficile (à raison) de la série. Alors, les jeux vidéo, c’était mieux avant ?
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Mal-aimé, je suis le mal-aimé !
C’est au 20ième siècle, en novembre 1988, que les petits européens ont découvert Zelda 2 : The Adventure of Link. Soit un an après The Legend of Zelda, l’opus qui avait magistralement inauguré la série. Souvent considéré comme le vilain petit canard de la famille, Zelda 2 casse une bonne partie des codes qui avait fait le succès du premier épisode. Votre mission est toujours de sauver le monde d’Hyrule et la princesse Zelda en parcourant des donjons labyrinthiques, que ça en fait mal à la tête…Mais plus de boomerang, d’arc ou de bombes dans l’escarcelle de notre héros, Link. Ce dernier dispose désormais de sorts de magie, et de techniques de combat, assimilés au long de l’aventure. Il peut, de plus, emmagasiner des points d’expérience et faire évoluer certaines de ses caractéristiques (« life », « magic », « sword »). Pour faire simple, Zelda 2 est le seul Action-RPG de la série. Et au sein de la communauté des fans, pas d’entre-deux pour Zelda 2 : le titre est adoré ou détesté.
Zelda, c’est plus fort que toi !
Zelda 2 est très probablement le volet le moins connu de la saga, mais c’est très certainement le plus difficile ! Du haut de mes neuf printemps, je le trouvais même carrément injouable (le pire c’est que j’aimais ça) et j’ai du attendre deux ans et une soluce trouvée par hasard dans un vieux ConsolesPlus (ah… ConsolesPlus) pour dépasser le premier palais… Mais aujourd’hui encore, avec vingt baluches de plus et en ayant déjà fini le jeu une première fois, le cheminement reste diablement ardu. Mais qu’est-ce qui rend ce jeu si difficile ?
Tout d’abord la carte est immense pour l’époque, et la quête requiert une exploration minutieuse, proche de la névrose obsessionnelle. Il y a certains objets (un réceptacle de cœur planqué dans la mer, pour ne pas le citer) qui sont même carrément introuvable voire vicieux. J’affirme d’ailleurs sans honte, que si je n’avais pas trouvé la soluce, il est des items et des passages secrets qui me seraient restées étrangers à jamais.
Face à cette quête de Sisyphe, Nintendo a eu la bonne idée de nous gratifier de trois vies (fait inédit dans la série) et d’intégrer une possibilité de sauvegarde. Zelda 2 fait en effet partie des premiers titres permettant au joueur de sauvegarder sa progression et les objets acquis. Mais ne te méprends pas, jeune padawan-gamer ! On est loin des checkpoints que tu peux utiliser dans les jeux actuels. Pas question de recommencer à l’endroit où tu as connement fait Game Over… On n’est pas dans Bioshock là, non, non, non. A chaque fin de partie, c’est retour à la case départ, dans le premier palais, au chevet de la princesse Zelda.
Autre différence notable par rapport au paradigme vidéoludique du troisième millénaire : le tutorial. De nos jours, il est complètement impensable d’avoir à lire le mode d’emploi d’un jeu. Le gamer moyen ne doit même pas savoir qu’il y a autre chose que le disque dans la boîte en plastoc. Pour le joueur fainéant qui est allé en 6ème sans savoir lire son nom et son prénom dans la même journée, les développeurs prévoient désormais un niveau entier où on explique l’utilisation de chaque bouton. Dans Zelda 2 (et dans tous les jeux de l’époque), impossible de faire l’économie de la notice. Outre la description des mouvements et le bestiaire, étaient présents l’ensemble des dialogues du jeu en anglais et leur traduction en français. Mais même avec tout ça, il m’a fallu des semaines avant de trouver qu’il fallait appuyer sur Select pour lancer un sort de magie… Rigolez pas, parce que vingt plus tard, il m’est arrivé la même mésaventure… sauf que j’ai mis moins longtemps à corriger mon erreur.
Question jouabilité enfin. La maniabilité dans les phases d’action en scrolling horizontal 2D est au quart de poil : le personnage répond au doigt et à l’œil. Mais ça ne compense la difficulté extravagante des phases de jeu. La dernière ligne droite vers le dernier palais est d’ailleurs à se taper la tête contre les murs, en hurlant contre l’injustice d’un saut à peine mal négocié ou contre la hardiesse d’un chevalier beaucoup trop roublard pour une console qui a seulement 8 bits. Et comme j’ai des problèmes d’hyper-tension, je ne parlerai pas du Boss Final… ou plutôt, des Bosses Finaux ! Une sacré bande de tordus chez Nintendo…
En rejouant à Zelda 2 : The Adventure of Link, 20 ans plus tard, j’ai pris conscience que les jeux vidéos de l’époque étaient réservés à des passionnés, voire à des malades relevant de la psychiatrie pour ceux qui, comme moi, ont voulu finir Zelda 2 à tout prix. Les titres étaient stimulants, jouissifs mais aussi difficiles, répétitifs, sans possibilité de sauvegarde, générateurs d’une frustration pouvant parfois aller jusqu’à l’abandon ou au rejet.
Pour certains, les jeux vidéo d’aujourd’hui sont trop faciles et pas assez accrocheurs. Personnellement, je dirai qu’ils sont plus accessibles. A la question : « Est-ce que les jeux vidéo, c’était mieux avant ? », je répondrai par une autre question : « Est-ce que vous vous amusez moins en jouant aujourd’hui qu’il y a dix ou vingt ans ? ». Moi, Non !





Je crois que notre rapport au challenge vidéoludique, donc à la difficulté d’un jeu, a beaucoup changé. Avant il s’agissait vraiment faire une performance, d’exploser un high score, de battre le boss impossible. Il y avait un côté « je dois intégrer le hall of fame des gamers ». Aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression que le réglage de la difficulté est au service de l’immersion : le juste équilibre pour à la fois prendre du plaisir et se sentir investi d’un défi coriace. Un Dead Space par exemple en mode facile perd largement son potentiel horrifique. Il s’agit moins pour moi de finir absolument le jeu en mode très très très difficile (tu me diras, ça revient un peu à la mode avec les succès et les trophées) que de vivre l’aventure intensément.
En parlant de tes trophées mon p’tit mfff… J’ai remarqué que t’avais toujours pas fini Dead Space ! Honte sur toi !
En même temps je crois que The Club, pourtant pas mauvais mais qui consistait à enchainer les frags pour faire péter le score n’a pas cartonné…
Mais pour ce qui est de la difficulté, je trouve ça quand même gratifiant de tuer un boss bien ardu et voir la cinématique/ cut scen comme récompense. Maintenant on enchaine les niveaux assez souvent sans problème, même si parfois la difficulté reste de mise. Je prends l’exemple de XIII qui a des niveaux très crispants (Banzai, j’ai ma chaise tu as ton M16 mais c’est pas grave…). Pareils certaines missions des extensions de GTA4 sont hallucinantes de difficultés, sachant que Gay Tony inclut un truc nouveau : des stats de mission avec une évaluation, ce qui n’apporte pas grand chose, à part se la péter quand tu as le succès toutes les missions avec taux de réussite supérieur à 80%…
Un jeu mémorable, sur lequel j’ai passé…des centaines d’heures au moins
Après l’avoir fini une fois, on pouvait recommencer avec toutes ses armes mais là il fallait vraiment être masochiste !!
Nostalgie, quand tu nous tiens…
Qui n’a pas passé toutes ces belles après-midi ensoleillée à finir ce jeux?
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